Vous avez probablement déjà entendu parler d’Amnesty International, une organisation non gouvernementale et à but non lucratif qui milite pour les droits humains dans le monde entier. À l’occasion de la Journée des droits humains, la cellule Amnesty de notre collège a organisé le Marathon des lettres. Voyons ce qu’en ont pensé les volontaires.
1) Contexte:
Composée aujourd’hui de plus de dix millions de volontaires, Amnesty International a été fondée en 1961 par l’avocat Peter Benenson :
En 1960, Benenson apprend que deux étudiants ont “porté un toast à la liberté” dans un bar public portugais. Le Portugal est sous l’emprise du dictateur Salazar de 1932 jusqu’aux années 70, les deux jeunes sont en conséquence emprisonnés par le régime autoritaire pour leur “crime”. Benenson, indigné par le fait de se retrouver en prison à cause de paroles, décide d’agir. Il publie quelques mois plus tard un article intitulé Les prisonniers oubliés, illustré par six prisonniers politiques : situés en Tchécoslovaquie, Hongrie, Etats-unis, Angola, Roumanie ou Grèce, six humains ont été incarcérés pour “dissidence” d’opinion. L’avocat Benenson lance ensuite un appel à l’amnistie afin de les libérer, en faisant participer le public.
Suite aux actions de cet avocat, les six prisonniers ont tous retrouvé la liberté quelques années plus tard, prouvant la puissance de cette approche.
En ce moment, Amnesty oeuvre pour le respect des droits humains de nombreuses façons : droits des LGBT+, personnes âgées, femmes, indigènes, etc; arrêt de consommation des énergies fossiles; bannissement de la torture; augmentation du contrôle sur la vente d’armes à feux; et on en passe.
C’est pour la libération et/ou la demande à la justice de douze personnes et pour protéger l’Amazonie que le Marathon de lettres a eu lieu cette année.
Les douze concernés sont :
- Saleh Diab, menacé d’expulsion, comme sa famille (24 personnes Palestiniennes, lui compris), de leur domicile familial, situé à Jérusalem. La cause : en 2009, la société Israélienne Nahalat Shimon International a intenté une action en justice contre la famille Palestinienne, afin de reprendre le terrain sur lequel était bâtie leur maison.
- Sai Zaw Thaike, un photojournaliste birmanais, condamné à 20 ans de prison sans opportunité d’avoir pu consulter un avocat auparavant. Emprisonné depuis 2023 au Myanmar (anciennement Birmanie), Thaike y serait, malheureusement, actuellement torturé.
- Juan Lopez, fervent défenseur de communautés locales et de l’environnement, victime d’un assassinat en Honduras.
- Sonia Dahmani, une avocate Tunisienne, emprisonnée le mai 2024 pour avoir dénoncé des conditions de détention inhumaines. Elle a été libérée récemment (27 novembre 2026), par contre, les autorités tunisiennes n’ont pas abandonnées toutes les charges retenues conte Dahmani.
- Unecebo Mboteni, mort à l’âge de trois ans en république d’Afrique du Sud. Cet enfant est mort après être tombé dans une latrine à fosse simple, toilette rudimentaire et mortelle à plusieurs reprises, mais peu coûteuse, et encore présente dans des milliers d’écoles sud-africaines. Cette toilette incarne les inégalités censées être disparues, trente ans après la fin de l’apartheid. Beaucoup de compatriotes de Unecebo trouvent que leur gouvernement devrait mieux garnir de matériel sûr leurs écoles déshéritées.
- Damisoa, à Madagascar. Sa famille et lui ont été obligés de quitter le Sud du Madagascar pour se rétablir au Nord de l’île Africaine, à cause de sécheresses causées par le dérèglement climatique. Le gouvernement malgache n’apporte pas assez d’aide aux victimes de catastrophes climatiques.
- Ellinor Guttorm Utsi, en Norvège. Elle proteste contre la décision du gouvernement Norvégien d’ériger onze champs d’éoliennes. Ces champs d’éoliennes réduiraient les droits des Corgas (communauté dont le fils d’Utsi, Ande, est le chef), et nuiraient à l’élevage de rennes du peuple Norvégien.
- Thun Ratha,
- Ly Chandaravuth,
- Phuon Keoraksmey,
- Yim Leanghy et
- Long Kunthea, des activistes de ចលនាមាតាធម្មជាតិ (Mouvement Mère Nature), au Cambodge, emprisonnés pour avoir, selon les autorités gouvernementales, complot et/ou avoir insulté le roi. Les défenseurs du climat subissent de la discrimination au Cambodge.

Le marathon de lettres peut également soutenir les Guerreras por la Amazonia à protéger l’environnement. Ce groupe d’Équatoriennes cherche notamment à mettre fin à l’utilisation de torchères au gaz.
Lors d’extraction de pétrole, du gaz naturel tend à remonter avec cette énergie fossile. Certaines infrastructures existent pour capturer ce gaz, cependant, elles sont parfois trop peu rentables pour être construites. Par exemple, si le site d’extraction de pétrole se trouve trop éloigné d’infrastructures déjà existantes et de centres urbains peuplés, ou s’il n’y a qu’une faible émission de gaz naturel. Celui-ci se compose surtout de méthane, un puissant gaz à effet de serre, moins durable, mais 80 fois plus puissant que le dioxyde de carbone. C’est pourquoi ce gaz est torché (brûlé), dès qu’il sort du puits pétrolier, par une flamme sortant d’une torchère. Le torchage, en brûlant le méthane, produit en contrepartie une importante quantité de CO2.
Vu que le torchage, utilisé par des corporations comme Texaco, affecte la santé de peuples vivant aux alentours des puits pétroliers, les Guerreras por la Amazonia ont décidé de combattre cette pratique.
2) Au Collège
Ayant interviewé les membres de la cellule, nous avons pu en apprendre un peu plus sur ce que représente réellement la cellule Amnesty au Collège :
Bien qu’inactive depuis 3-4 ans, la flamme d’Amnesty est ravivée par Anne-Sophie Vandemaele dans un seul but : transformer cette petite étincelle qui vient de s’allumer en un incendie.
Pour ce qui est du marathon des lettres, vous le savez, cet événement qui a pris place au Collège et dans lequel on pouvait écrire des lettres d’encouragement à des prisonniers traités injustement pour forcer leur libération, a été un franc succès.
En effet, ce projet avait un but multidirectionnel. Comme dit précédemment, cela sert à mettre la pression sur ceux qui commettent de telles injustices et à remonter le moral des prisonniers… mais pas que. La cellule espéraitt également sensibiliser les épistolaires volontaires ainsi que leur permettre de comprendre ce qu’il se passe réellement dans ce genre de situation avec une personne emprisonnée injustement. Pour ce qui est du ressenti des élèves qui ont participé, on peut souligner que cela leur a fait fortement plaisir, qu’ils se sont sentis pionniers d’une des luttes les plus importantes de l’humanité.
Ensuite, Amnesty souligne que le résultat a été très satisfaisant : une boîte remplie à ras bord de lettres. Majoritairement des élèves du Cycle 2 mais également énormément de professeurs. Cela montre que les élèves sont motivés pour le changement, qu’ils aspirent à quelque chose de plus grand qu’eux puisque ce n’était pas quelque chose d’obligatoire et qu’ils sont venus d’eux-mêmes.
Au début, la cellule Amnesty nous a confié qu’ils doutaient de si le projet allait marcher ou pas. Mais en fin de compte, cela a été un franc succès pour une première. Cela leur a fait fortement plaisir de voir autant d’élèves investis. Le travail de la cellule n’est donc pas inutile, elle a un réel impact sur la vie au Collège et permet également à énormément d’élèves de découvrir les droits de l’Homme et leur importance.
Pour ce qui est de son futur, Amnesty souhaite encore plus s’étendre de par des projets mais rencontre le même problème que toutes les autres cellules : les membres actuels sont majoritairement en 5ᵉ et 6ᵉ. Ils encouragent donc des élèves plus jeunes à les rejoindre, à ne pas être timides et à leur poser des questions parce que sans eux, la flamme risque à nouveau de s’éteindre après le départ des membres actuels.
Bonus : le 8 mars, c’est la journée des droits des femmes… Attendez-vous à quelque chose de la part d’Amnesty !
Sources: