Colorful abstract representation of molecular structures with 3D spheres and connections.

Là où un ion est le modèle de l’humanité‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎ ‎

Que vois-tu sur cette table ? – Une assiette, une bouteille, un livre, des couverts, autour desquels est enroulée une serviette. – Combien y a-t-il d’objets ? – J’en vois six. Voici une conversation des plus banales, qui renferme pourtant toute la façon de penser des derniers siècles. Il serait donc intéressant de se rapprocher un peu de cette conversation, de n’y jeter qu’un œil curieux. Allons-y, amusons-nous : “Combien y a-t-il d’objets ?” À cette question, nous pourrions répondre six : une assiette et une bouteille et un livre et une serviette et des couverts, qui sont probablement un couteau et une fourchette. Six. Mais nous pourrions également remarquer que, en réalité, sur la bouteille se trouve un bouchon. Ce bouchon, nous – et c’est un nous impersonnel ; tout le monde réagit de cette façon – l’avons naturellement rangé avec le reste de la bouteille, étiqueté en un seul objet. Dès lors que l’on en est à regrouper des entités, nous pourrions également considérer que l’ensemble serviette-couteau-fourchette n’est étiquetable que sous le nom de “couvert”. L’étiquette qui siège sur la bouteille est-elle à part, ou fait-elle partie du même ensemble que cette bouteille et son bouchon ? Nous en sommes donc à séparer les différentes composantes de la tablée en mille et un détails, tous plus insignifiants les uns que les autres. Et si, au lieu de séparer, nous rassemblions ? C’est bien ce que l’on a fait instinctivement, en traitant le bouchon comme partie prenante de la bouteille. Opérons ! Qu’obtenons-nous ? Eh bien, une tablée ! Un unique et seul objet étiqueté sous le nom de “tablée” !

Cette expérience peut, à première vue, donner l’impression d’être inutile. Elle reflète pourtant quelque chose que Russell a combattu toute sa vie – ce qui a fini par le rendre fou – et que je pense devoir accueillir à bras ouverts : l’inexactitude, l’illogicité de la langue. En effet, le terme “objet” ne désigne en réalité rien du tout : nous venons de prouver qu’une table entière, avec tout ce qu’elle porte, est autant “objet” que n’importe quel autre élément porté par la table ! Mais qu’est-ce que la langue ? Une construction spirituelle, un moyen, tout à fait abstrait, de communiquer. Les mots n’ont aucune existence propre, ils ne sont qu’une création de nos esprits.

Cette pensée est stérile, me diriez-vous ? Elle ne mène nulle part, et de toute façon n’a aucun rapport avec les ions exemples du monde ? Patience, nous y venons. Quant à la prétendue stérilité de cette pensée, citez-m’en une qui ne le soit pas. Certains me diront “L’écologie !”, les autres “Les relations sociales !”, “La propension au génocide !”, etcaetera, etcaetera. En somme, aucune de ces pensées n’est stérile, et toutes le sont. Aucune, car elles impactent notre monde de façons plus ou moins… impactantes. Toutes, car, si importantes soient-elles, elles n’ont qu’une durée limitée, si limitée à l’échelle globale (aussi longues soient-elles à la nôtre), qu’elles n’ont aucune raison de causer de l’inquiétude : aucune d’entre elles ne durera plus longtemps que l’humain. Ainsi, elles nous ont semblé moins stériles, plus importantes, par le simple fait qu’elles sont matérielles, qu’elles sont schématisables, qu’elles sont observables, tandis que l’illogicité langagière ne l’est pas, elle est abstraite et imaginaire. 

Bien, sauf que l’esprit n’a de raison d’être qu’en présence de matérialisme sur lequel s’appuyer, et le matériel n’a de raison d’être qu’en présence d’un spiritualisme constatant. De cette manière, l’on distingue deux façons de penser : l’une davantage matérielle, dans le sens qu’elle prêtera attention aux choses de la terre, l’autre davantage spirituelle, dans le sens qu’elle prêtera attention aux choses de l’esprit. L’une est-elle plus vraie que l’autre ? Non, comme je viens de le dire, l’une s’appuie et s’entremêle à l’autre, enjambe, comble et complète parfaitement l’autre. Pourquoi alors notre manière de penser est-elle axée sur le matériel, au détriment du spirituel ? Certains, arrivés en ce point de ma pensée, s’exclameront : “Comment ! Les deux philosophies ne sont point complémentaires, exemple fait des Soviétiques : abolitionnistes de la propriété, ils ne laissaient aucune place à la spiritualité !”. Et c’est ici qu’il est important de rappeler que les racines du système soviétique se basent sur le matérialisme excessif, que c’est un des régimes ayant le plus poussé ce matérialisme à l’extrême, jusqu’à en réglementer chaque particularité, à le sectionner, à l’organiser. Ainsi, l’objection apporte la preuve : souvent, le matérialisme excessif nuit au spiritualisme, et le spiritualisme excessif nuit au matérialisme. L’on a pu croire que je prends tout à fait partie contre le matérialisme, et il est vrai que j’ai été assez virulent à l’encontre de celui-ci. Mais je soutiens qu’un spiritualisme excessif privé de matérialisme est nuisible, comme les histoires d’ermitages nous l’illustrent parfaitement.

L’essentiel de la sauvegarde, sauvegarde qui n’a plus lieu en Occident depuis des siècles, ce qui accélère sa chute, tient dans l’équilibre. Celui-ci n’est pas appliqué en Occident, qui a souvent préféré le matérialisme au spiritualisme. Et pourtant, il est essentiel : suivons l’exemple des ions ! Pour qu’un atome “survive”, il doit s’ioniser en rétablissant l’équilibre de ses charges…

Appendices

L’article précédent étant très condensé, j’ai cru nécessaire de développer certaines idées afin de faciliter la compréhension de mon idée première, sans risque d’en déformer le sens. Libre à chacun, ensuite, de divaguer au gré de ses envies, mais je ne voudrais pas que certaines idées, pourtant fondamentales au suivi du cours du sujet, soient mésentendues. Pourtant, j’ai cru que l’inclusion de ces appendices directement dans l’article, dans le vif de l’explication, serait un peu lourde et risquerait de causer la mécompréhension de celui-ci. C’est pour cette raison que j’écris mes notes séparément, afin de les dissocier du thème principal.

1.

Pour commencer, il est crucial de souligner que le regroupement de plusieurs objets en un seul est tout à fait possible. En effet, et nous le verrons plus tard, le langage fait que le terme “objet” n’est pas déterminant. Si nous reprenons la définition que le dictionnaire “Le Robert” donne au terme “objet”, nous obtenons : “Chose solide ayant unité et indépendance et répondant à une certaine destination.” Ainsi, aucune précision quant à la taille de l’objet, de ses fonctions, etcaetera. En creusant plus loin, le terme “objet” ne pourrait en réalité s’appliquer qu’à une particule élémentaire, qu’à une brique constitutionnelle de la matière (matière dont nous reparlerons plus tard dans les appendices), qui est la seule entité unitaire. “Indépendance” ne fait carrément pas sens, car rien ne peut exister seul, en sciences physiques ou ailleurs. Si cette définition n’est applicable à rien, autant l’appliquer à tout. C’est de là que vient ma formulation. “En effet, le terme ‘objet’ ne désigne en réalité rien du tout : nous venons de prouver qu’une table entière, avec tout ce qu’elle porte, est autant ‘objet’ que n’importe quel autre élément porté par la table !”, qui fait suite à la réflexion sur le regroupement d’objets.

2.

L’infirmité de la langue (et là, “infirmité” est une infirmité, car c’est elle qui fait la beauté des vocables…) telle qu’elle fut définie par Russell dans les années 1910 est un thème récurrent dans mon précédent article. Il sied donc de mieux en comprendre la notion. Pour cela, rien de tel qu’un exemple simple, à l’image de celui du terme “objet”, plus haut exposé. Prenons le mot “connaissance” : il est légitime de se demander ce que cela signifie. La connaissance, telle que nous l’entendons, est l’ensemble des choses dont la compréhension, et, facultativement, l’observation, nous sont acquises. Or, la certitude de la connaissance est un non-sens dans sa formulation, et ce pour une raison qu’il est nécessaire de découper. Une connaissance n’est pas absolue, car elle ne porte que sur elle-même. Ainsi, le “connaisseur” en un sujet ne peut avoir la certitude que sa connaissance est complète, car il n’aura aucune idée de ce qu’il se trouve en dehors d’elle. De cette non-complétude de la connaissance, nous pouvons en tirer une non-certitude : la connaissance n’étant que toujours partielle, elle est impossible à vérifier. Aussi, en nous représentant la connaissance comme un axe, nous pouvons nous figurer que le morceau qui est en notre possession n’est pas colinéaire à l’axe ; l’axe étant le thème de la connaissance, le tronçon que nous nous croyons acquis peut tout à fait être dirigé en une autre direction que celle souhaitée, sans aucune possibilité de vérification de notre part. La connaissance est donc une supposition ; le rêve se fait certitude ; Ia connaissance telle que nous l’entendons est définie par son évidence, mais l’évidence est inconnue et ne peut être prouvée. La saignée opérée chez nos ancêtres moyenâgeux était une connaissance sûre ; nous savons aujourd’hui que ce n’était qu’un mirage ; nous saurons dans mille ans qu’elle est bénéfique, et que la chimiothérapie n’est qu’une illusion.

Ce qui est applicable à la connaissance et à la certitude est applicable à tout autre mot, et c’est ce qui fait la magnificence de la langue : son illogicité apparente, la liberté qu’elle accorde à son poète, et mille autres choses qui font que la littérature sera toujours une science en mouvement. Et si certains, comme Whitehead, ont rejeté la langue pour ces raisons, essayant de créer une expression logique, mathématique, d’autres, à l’image de Wittgenstein, se sont aperçus de l’impossibilité d’une pareille tâche, et se sont accommodés, se sont extasiés, devant leur verbe originel. Il est cependant ici nécessaire de faire une remarque : la science est utilisable par la langue, et en nécessité, mais la pensée ne doit pas s’y cantonner.

3.

Il est difficile d’appréhender la matière. Nous n’en connaissons réellement pas grand-chose, et les physiciens s’y cassent les dents. Qu’est-ce que la matière ? Depuis des millénaires, l’humanité cherche à comprendre le fonctionnement de ce qui nous entoure. La partie visuelle, sensorielle, de cet entourage est la matière. L’on a pensé qu’elle était indivisible, corpusculaire, composée, chargée, et nous penserons encore mille autres choses. Aujourd’hui, nous admettons une représentation de la matière en tant qu’une multitude de corps plus ou moins indépendants, chacun espacé de son voisin, et au sein duquel se trouvent encore moult espaces. Du vide, du vide, et encore du vide. Mais alors, pourquoi ma main ne s’enfonce-t-elle pas dans la table lorsque je la frappe ? Les espaces vides devraient logiquement s’intercaler, car la quantité de matière est proche de zéro. Le poids mathématique de matière est négligeable. L’explication à ces phénomènes tient en un mot : énergie. C’est en effet une énergie, dite répulsive, qui empêche tout contact entre deux objets. De là à conclure que la matière n’est qu’énergie, il n’y a qu’un pas, et un petit ! Selon cette théorie, nous sommes composés d’un flux énergétique constant, et non pas de milliards de corpuscules primaires. La nouvelle (à l’échelle de notre histoire des sciences) mécanique quantique rejoint parfois ces conclusions. Cela pour la dimension matérielle. Mais la dimension spirituelle, alors ? Pour introduire un tel concept, faisons un détour par le concept d’inattendu…

L’inattendu, l’imprévisible existe-t-il ? Cette question, qui fascine et obsède les philosophes et mathématiciens et physiciens et cosmologues et psychologues et économistes et analystes géopolitiques etcaetera, etcaetera, rejoint celle liée au hasard, et, tout comme elle, ne sera jamais résolue. Pour comprendre cela, il faut d’abord comprendre ce qu’est l’imprévisible. Soit un ensemble E, composé de n paramètres. Par calcul, il est possible de trouver toutes les formes que prendra E en faisant interagir tous les paramètres. Ensuite, par expérimentation, il est possible d’observer toutes les formes effectivement prises par E. Si l’une d’entre elles n’a pas été calculée, ne fait pas partie de l’ensemble des possibles selon l’interaction des paramètres, alors elle est imprévisible. Autrement dit, est inattendu tout résultat non prévisible en connaissance complète des paramètres présents. Pourtant, malgré cette définition très jolie, subsiste un point obscur, qui justifie la question irrésoluble de l’existence du concept ; il rejoint la question de certitude rapidement évoquée plus haut : en effet, comment être sûrs d’être en possession de tous les paramètres, de toutes les lois ayant influence sur l’ensemble ? La connaissance ne porte que sur elle-même, rappelez-vous, on ne peut affirmer que la forme de E non prévue est imprévisible, car elle pourrait ne découler que d’une loi, d’un paramètre réel inconnu. L’inattendu est un hasard non pas statistique, mais effectif.

Cette brève exposition terminée, nous pouvons revenir à nos moutons, c’est-à-dire à la question suivante, à laquelle je vous invite à répondre : est-ce que votre pensée, votre conscience, est fruit d’une suite d’interactions physiques et chimiques ? Est-ce que votre psyché n’est que le résultat d’un lien de causalité ? Dans le premier jet de cet article, j’ai, sans argumenter, écrit “non”. Point. Cela me semblait évident. Mais, après de nombreuses discussions avec de toutes aussi nombreuses personnes, je me suis rendu compte que “non” n’est pas l’avis communément admis. À cela, plusieurs raisons : il y a un aspect socioculturel, en effet, nous vivons dans une micro-réalité fortement capitaliste et matérialiste, dans laquelle la Science est la déesse suprême ; il y a un scepticisme envers Dieu, trop souvent présenté dès le plus jeune âge à l’image de la chapelle Sixtine ; il y a peut-être aussi une assurance d’une vie unique, d’une mort sans retour* ; il y a en fait des centaines de raisons toutes plus justes les unes que les autres, des raisons que je ne peux aucunement réfuter. Cependant, je tiens à exposer ma vision des choses, car c’est sur elle que repose le reste de l’article. Soit, reprenons : est-ce que votre pensée, votre conscience, est fruit d’une suite d’interactions physiques et chimiques ? En vérité, il n’y a pas uniquement deux réponses à cette question. Certains affirmeront, d’autres nieront, et d’autres encore chercheront une solution intermédiaire, option qui me semble des plus sensées. Toutefois, pouvons-nous affirmer sans sourciller que notre conscience pourrait être recréée en éprouvette ? Sommes-nous des intelligences artificielles surdéveloppées et biologiques, mais sans émotions véritables ? Cela me semble invraisemblable, car quand je m’énerve, il y a une cause extérieure à cela. Quand j’aime, mes émotions sont le fruit d’interactions, et non de réactions. Quand j’exulte, je ne me dis pas que c’est inutile. Darwin voudrait que nous soyons le plus efficaces possible, que nous n’agissions que de la meilleure manière. Cependant, ce n’est pas le cas. Quand certains dirigeants déclarent des guerres à tout-va, sans même parfois songer aux conséquences catastrophiques potentiellement destructrices pour leurs pays, ils ne sont pas rationnels. Ils sont poussés par quelque chose que la Science, je ne dis pas est incapable d’expliquer, mais réfute, refuse, écarte de son chemin, au lieu d’accepter de construire dessus. Comment nommer ce “quelque chose” ? Certains l’appellent “Dieu”, d’autres “Passion”. 

Je l’appelle conscience**.

 C’est ici que la “brève introduction au hasard” est utile, car elle permet de montrer que l’apparition d’états non déterminés est peut-être simplement due à l’existence de cette psyché non déterminable… Que le hasard pourrait ne pas exister, mais que tant que la conscience persiste, elle aura toujours sa part dans chacune de nos observations. Mais qu’est-elle, substantiellement, cette psyché ? Je vous répondrai, mais je pourrais avoir tort, que votre conscience n’est qu’une bribe d’une conscience universelle, propre à tous ; celle-ci est là, et la nôtre n’est que définie par l’instant (instant physique régi par plusieurs dimensions) dans lequel nous nous trouvons. Einstein a énoncé qu’une particule avait un futur et un passé, et que sa position était par eux définie ; celle-ci est donc l’ensemble de la latitude, de la longitude, de la hauteur et du temps. Les dimensions-paramètres sont probablement beaucoup plus nombreuses, et c’est elles que j’indique par le mot “instant” ; ainsi il faut voir la conscience universelle comme une nappe, et les personnes comme des billes que l’on jetterait dessus : chacune occupe une place de la conscience universelle, qui est “sa” conscience en cet instant. Il en va de même pour nous. Mais de quoi est constituée cette nappe ? Encore une fois, la seule réponse plausible qui me vient à l’esprit est : énergie. C’est un type d’énergie qui constitue notre psyché. De l’énergie, comme celle qui compose la matière. Ainsi, l’équilibre dont je parle dans mon précédent article n’est pas un équilibre de dosage entre le matérialisme et la spiritualité, puisque ces deux-ci sont étroitement liés, ne sont en fait qu’une seule et unique chose ; c’est un équilibre de perception et d’acceptation entre la partie matérielle de l’énergie et sa partie spirituelle ; nous ne devons en rejeter une au profit de l’autre, car ce serait minimiser une facette d’une carte unique, pour n’user que l’autre.

Il faut cependant être attentif à ce que l’on dit : l’énergie dont je parle n’est pas celle que je produis en faisant du vélo, ou plutôt si, mais ce n’est pas sous le même aspect qu’elle se représente. Je ne peux la classer dans une de ces catégories, “thermique”, “cinétique”, “potentielle”, etcaetera. Je parle ici d’une énergie primaire, difficile à identifier ; une énergie “moteur” de l’univers. Cependant, une question, légitime, peut se poser : le calme plat ne peut produire l’énergie. Alors, d’où vient-elle ?

* | Une vie unique, une mort sans retour. 

Il me paraissait intéressant d’introduire une observation récente que j’ai faite : beaucoup traitent de fariboles les histoires de réincarnation, de vies multiples, de spiritisme, etc. Pourtant, chez d’autres, comme les bouddhistes, ces “fariboles” sont non seulement très bien acceptées, mais de plus piliers de la société. Et, s’il est courant de se moquer des Kardecistes, il n’en a pas toujours été ainsi. En effet, dans l’écrasante majorité des langues, il n’existe aucun verbe signifiant “être mort”. ‘Mourir’ est donc une action ponctuelle, transitive, contrairement à ‘vivre’, qui couvre une durée. Qui dit ‘transitive’ dit deux états ; l’un après et l’un avant. Puisqu’une langue n’est que le miroir de la société qui l’utilise, j’en déduis que, lors des centaines, des milliers d’années qui font l’évolution d’une langue, la majeure partie des êtres humains de cette planète admettaient une possibilité d’existence après la mort. 

** | Une religion uniquement culturelle.

Pour rejoindre, et continuer l’astérisque précédent, qui traite d’une “existence après la mort”, j’aimerais faire le lien avec les phrases énoncées plus haut, dans le corps de l’article : “Certains l’appellent ‘Dieu’, d’autres ‘Passion’. Je l’appelle ‘conscience’. Qu’est-ce que Dieu ? J’ai parlé du bonhomme barbu, vieil homme musclé et impressionnant de la chapelle Sixtine. C’est comme ça que, pendant des siècles, nous nous sommes représenté Dieu. Cette représentation en a dégoûté certains, a fait froncer les sourcils aux plus terre-à-terre : elle est absurde, c’est un non-sens. Mais cette idée a tant et si bien fait son chemin qu’elle a accéléré la croissance des athées, qu’elle a extrémisé ses opposants. Ainsi, d’un côté, les niant-tout ; de l’autre, les avaleurs-dogmatiques. Peu ont cherché à creuser, à se poser des questions, à remettre en cause, sans s’opposer bêtement, sans suivre les autres moutons-nieurs. Voici la conclusion, simplifiée, à laquelle l’on arrive après avoir suivi ce raisonnement : une religion a deux utilités. La première est celle de bouche-trous du savoir. Ce qui n’est pas explicable, on se l’explique. La deuxième sert à personnifier — en Dieu pour les religions monothéistes et en tout un panthéon pour les polythéistes — toutes ces choses dont je parle maintenant depuis six pages : la conscience, la vie après la mort, l’amour, la matière, etcaetera. Ces notions, contrairement à ce que l’on pense, ne découlent pas des religions, mais vice versa. Finalement, toutes les religions sont exactement les mêmes ; je suis autant bouddhiste que juif que chrétien que musulman qu’hindouiste que que que que que. Toutes ont les mêmes objectifs : expliquer, personnifier. Le premier semble pouvoir être remplacé par la Science (bien qu’il sera toujours utile ; il est toujours réconfortant de comprendre ce que l’on ne comprend pas, et la Science est loin de tout comprendre)  ; le second est la Science, mais sa partie méconnue et rejetée. À mon sens, elle est pourtant réelle. En réalité, la différence entre les religions n’existe qu’en raison des divergences culturelles liées au territoire, aux mœurs, etc. Aussi, le christianisme ne s’est vraiment détaché du judaïsme que par le concile de Nicée, qui l’hybride, pour ainsi dire, avec les religions païennes qui faisaient alors légion dans l’Empire romain. Certes, le messie diverge, certains dogmes aussi, mais si le christianisme est aujourd’hui aussi différent du judaïsme, dans les rites, les langues, etcaetera, c’est surtout car il s’est implanté en terre européenne. Notons d’ailleurs que l’orthodoxie, ou encore le catholicisme grec se sont détachés du catholicisme romain pour les mêmes raisons : rapports avec les Russes, les Turcs mahométans et les Orientaux, cultures et langues très divergentes… 

Portacolone L.

Sources et bibliographie des consultations majeures : 

HSSV Quantique

L’intrication des âmes, à paraître

Manifeste du parti communiste, Karl Marx, Friedrich Engels

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