Famous Renaissance painting by Raphael depicting various philosophers in a classical setting.

Une vérité non partagée peut-elle être admise comme vraie ?

Trop souvent, on entend des soi-disant philosophes penser par ouï-dire. Trop souvent, la pure connaissance historique et culturelle prévaut dans une argumentation sur la pensée bien orchestrée, tout simplement parce que la première est plus pompeuse, plus impressionnante, plus déroutante aussi. Pourtant, la philosophie n’est-elle pas, littéralement, l’amour de la sagesse ? Ne devrait-on donc pas accorder plus d’importance à un développement d’opinion personnel plutôt qu’à une paraphrase bien menée ? Aussi, l’idée de cette rubrique hebdomadaire est de proposer une question philosophique à laquelle l’idéal serait de répondre en utilisant comme source ses uniques convictions. Laissons Socrate, Aristote, Kant et toute leur suite dans leur salon de discussions, et créons celui des « ignares », c’est-à-dire celui des esprits non corrompus par les idées d’autrui… 

Une vérité non partagée peut-elle être admise comme vraie ?

Ou la dialectique éristique* a-t-elle plus d’importance que la philosophie ?

La philosophie représente « l’amour de la sagesse ». Son objectif est la quête de la vérité. Ainsi, le philosophe n’a qu’un but : établir la vérité, au détriment de toute opinion mensongère. Mais la philosophie, interprétée ainsi, a-t-elle un sens ? En effet, si la quête de la sagesse est l’objectif final, le philosophe est en droit de se questionner sur la nature de cette vérité. La question est donc : la vérité est-elle unique, implacable et absolue ? Le dialecticien éristique répondra que non. En effet, pour cet idolâtre de la conviction et de la persuasion, la vérité réside dans le regard de l’interlocuteur : la réalité appartient à celui qui aura les arguments les plus convaincants, à celui qui imposera par la parole sa vision des choses. Certes, une vérité, aussi absolue soit-elle, ne vaut rien si elle n’est reconnue comme telle par une seule personne, ou un petit groupe de personnes ; néanmoins, une vérité, elle, établie par l’unique persuasion, sans aucune accréditation analytique, qui s’impose elle-même par l’habileté d’un orateur, par l’éloquence d’un rhétoricien, même partagée par un nombre important d’enthousiastes, a-t-elle plus d’autorité ? Vaut-il mieux une vérité aristotélicienne ou schopenhauerienne ? Vaut-il mieux une vérité absolue ou une vérité partagée ? Toutes les opinions sont permises, et fermons l’exposé pour ne laisser place qu’à la dialectique dans les commentaires ! Débattez, apprenez, enseignez !

Portacolone L.

*La dialectique éristique est une technique de controverse.

Cette technique, qui peut apparaître comme une forme d’art, repose sur la distinction entre la vérité objective d’une proposition et l’apparence de vérité que cette proposition peut prendre aux yeux des disputeurs et des auditeurs. La finalité de cet art est de fournir des moyens pour parvenir à cette dernière apparence, afin de convaincre les auditeurs que l’on a raison, même si l’on a objectivement tort. (source : wikipédia)

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