“Sometimes is too slow, for sure. And needs to be reformed for sure ” Ces phrases, prononcées par le président Emmanuel Macron à Davos, sommet politico-économique, sont devenues virales. On ne compte plus le nombre de parodies, mettant en scène pianistes, rappeurs, et j’en passe. Cependant, si la situation peut faire sourire, elle traduit un échiquier politique des moins engageants.
Davos. Janvier 2026. C’est ici que va se tenir l’une des rencontres économiques – et politiques– les plus importantes au monde. Les principales puissances sont conviées. Sont présents : Trump, Von der Leyen, Macron bien sûr, Zelenskyy, etc. Le“World Economic Forum” est sur le point de commencer. Les chefs dÉtat sont là, mais aussi les représentants de plusieurs GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). Macron se présente au forum portant une paire de lunettes des plus inappropriées : verres bleutés, design aviateur, ce sont 659 euros de moins sur le compte du président. Les allocutions commencent. Soudain, Macron lance : « Parfois, c’est trop lent, bien sûr. Et ça a besoin d’être réformé, bien sûr » dans un anglais douteux, auquel une réforme ne ferait aucun mal.
Macron ne deviendra pas un grand rappeur, et ne fera jamais équipe avec Grand Corps Malade. Son attitude peut être interprétée de façon comique, tout simplement, quelle que soie sa véritables volonté. Ce n’est pas tous les jours qu’une personnalité comme lui entraîne autant d’hilarité, surtout si telle était son intention. Mais notre pensée doit aller vers cette mondialisation excessive de l’anglais. En effet, combien de gens ne le parlent pas, ou peu ? Cela est aussi vrai dans les sphères gouvernementales. Combien de pays se trouveront désavantagés, car leur gouverneur ne parle pas anglais ? Est-ce là un crime, de vouloir s’exprimer dans sa langue ? De plus, l’utilisation de l’anglais avantage forcément -et fortement- les dirigeants anglophones, qui, par certaines affinités de plus, auront le dessus. Orwell avait imaginé un monde dans lequel une langue, très restreinte, permettait de réduire le champ de pensées. Les mots “joie”, “contentement” n’existaient pas, il était donc difficile d’en concevoir le sens. Ne se dirige-t-on pas vers cela, ne se dirige-t-on pas vers un point où le dirigeant utilisant l’anglais avec maladresse aura un lexique trop restreint pour exprimer ses convéniances ? Pourtant, les IA et les traducteurs abondent. S’ils ont des utilisations pratiques bénéfiques, elles se trouvent bien là. Il est temps de prendre du recul, de faire preuve de jugeote, et de promouvoir la liberté d’expression. Car, comme le dit Macron, “Cela a besoin d’être réformé, c’est sûr” !
Auteur : Leonardo Portacolone
